Rude Boy Train

DEATH OF GUITAR POP – PUKKA SOUNDS – SKA CLUB ESSEX

UN PEU D’HISTOIRE : Même pas cinq ans qu’on a découvert Top Kat et Silky, le duo venu de l’Essex, fan de ska two tone et de pop British. Même pas cinq ans, et déjà un troisième album pour les Death Of Guitar Pop » avec ce « Pukka Sounds » sorti il y a déjà près d’un mois…

Gros bosseurs les gars, puisqu’entre une poignée de concerts pêchus, dont certains sur des beaux festivals cette année, les gars ont concocté la suite des excellents « 69 Candy Street » et « In Over Our Heads » pendant le confinement et le voilà, tout frais, encore une fois en mode 100% do it yourself…

Alors, qu’est ce qu’il a dans le ventre ce « Pukka Sound » ?

LE DISQUE : On va pas se mentir, les premières écoutes de ce nouvel opus des Death Of Guitar Pop ont tourné, pour tous les gens avec qui j’en ai discuté, et pour moi même, à la déception…

La faute sûrement à quelques titres ska pas complètement réussis, alors que les deux compères faisaient preuve d’une efficacité redoutable dans le domaine jusqu’ici… « When The Ska Calls » qui ouvre le skeud, semble par exemple un poil surproduit avec des arrangements de cuivres trop puissants, au point de les faire passer pour une nappe de claviers un peu pourrave… Le refrain est pas forcément génial non plus et l’ensemble envoie un peu aux oubliettes la rythmique catchy au piano, qui elle, avait plutôt de la gueule…

Pareil avec « DOGP Shuffle », un titre éminemment festif, qui, avec le featuring de King Hammond et son apport plutôt cool au chant, aurait mérité mieux que le traitement infligé à la rythmique, tellement retravaillée qu’on la croirait sortie d’un vieux Bontempi, et pourquoi pas un autre chorus d’Hammond que cette vieille ritournelle, classique mais usé jusqu’à la ficelle…

Le break un peu trop musclé sur le refrain de « Back Of A Lorry » n’est pas non plus des plus heureux, alors que le reste du titre est des plus sympathique à l’oreille…

Mais ces mauvaises impressions passées, l’énergie de ces titres prends peu à peu le dessus sur ces quelques choix qu’on dira contestables, et on est bien obligés d’avouer qu’il y à encore un paquet de perles sur ce skeud.

La paire «N°1 In America »  et « Cinderella’s Fella »  sont deux beau exemple de ce que Death Of Guitar Pop est capable de faire de mieux quand il s’agit de mixer leurs influences ska-reggae et leurs racines pop British… Le premier, rocksteady poppy,  bénéficie d’un refrain superbement orchestré et de chœurs superbes pendant que le second mixe une nouvelle fois à merveille two-tone et tendances new-wave avec des enchaînements d’un genre à l’autre parfaits.

Les deux titres aux tendances rythm’n’blues sont tous aussi chouettes, avec le tonitruant « Absolute Happiness » assez excellent avec cette fois ci, des cuivres puissants mais impeccablement distillés, et ce « Storylines », un bon titre northern soul, aux arrangements vintages absolument somptueux. Deux des grosses réussites de l’album.

Le traditionnel instru se nomme ici « For Alys »  et s’inscrit lui aussi dans la liste des bons plans : sur une rythmique ska retenue, appuyée de percus entêtantes, des guitares presque surf viennent créer l’ambiance, bien accompagnées  par un chorus cuivres cordes assez énorme.

Le ska des couplets de « Captain Melvin’s Party Bus » est du niveau des Busters alors que le break reggae pop sur les refrains est digne d’un Madness, c’est sans dire que le titre est une petite bombe, tout autant que l’explosive reprise en mode two-tone du « Junkie Man » de Rancid…

«The Velvet Drum » est un autre exemple du savoir faire des gars de DOGP: pas vraiment pop, pas vraiment ska, un peu rock mais pas que, des refrains systématiquement géniaux, ce style qu’impose peu à peu le duo, désarçonne parfois, mais charme à tous les coups…

La fin en mode ballade avec « Pukka’s Ballad », même si elle ne sera pas essentielle à tous, démontre encore une fois tout le talent quand il s’agit de pop de Top Kat et Silky…

Vous aimerez, vous aimerez pas, détesterez même peut-être, mais ce « Pukka Sound » est encore, passé les petites déceptions de quelques titres aux arrangements un poil moins bien maitrisés qu’à l’habitude, un bon gros morceau de ska-pop façon british, aux arrangements luxuriants et aux ambiances souvent impeccables… On ne croise pas ce genre d’album tous les jours !

Bronsky

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