Rude Boy Train

LA RUDA SALSKA – L’ART DE LA JOIE – YELEN DISQUES.

« Rude Boy Train’s Classics », c’est une série de chroniques d’albums qui ont marqué l’histoire du ska, du rocksteady ou du skinhead reggae. Standards objectifs reconnus par le monde entier ou chefs d’oeuvre personnels qui hantent nos jardins secrets, la rédac’ de Rude Boy Train vous fait découvrir ou redécouvrir ces albums majeurs qui méritent d’avoir une place de choix sur vos étagères !

UN PEU (BEAUCOUP) D’HISTOIRE : Formé en 1993 du coté de Saumur, le groupe que composent les huit musiciens de La Ruda Salska, emmené par Pierre Lebas au chant, déboulent sur les cendres encore brûlantes de la scène Rock Alternatif francophone. Leur premier album, intitulé « Le Prix Du Silence » sorti dans les bacs en 1995, fait l’effet d’une bombe dans le paysage musical. Avec leur fusion, Rock, Ska, Musiques Latines, taillée pour le live, le disque rencontre un véritable succès, malgré sa distribution indépendante. Enregistré avec les moyens du bord dans un garage, il se vendra à près de 25 000 exemplaires grâce au bouche à oreilles. Très vite, les majors flairent le bon coup et c’est, au final, sur Yelen Musiques, un sous- label de Sony, que La Ruda signe pour un second projet. L’album bénéficiera d’une meilleure production et d’une solide promotion. Nous sommes

en 1999, « L’Art De La Joie » est dans les bacs, le clip tourne sur M6 et MCM. Les compilations Tripsichord et Small Axe fleurissent, le groupe rempli les salles et les festivals. On est en plein âge d’or du Ska/Rock français ! Cet album sera sans aucuns doutes l’un des piliers fondateurs de la scène musicale alternative des années 2000. Plus qu’un simple disque de Ska festif, tout est extrêmement bien travaillé chez La Ruda, des instrumentaux aux textes, en passant par les thématiques abordées. Rien n’a été laissé au hasard sur ce disque efficace de A à Z !

LE DISQUE :  C’est incontestable, il n’y a rien à mettre de coté dans cet opus, il est incroyablement bien réussi. On est tout de suite jeté dans le vif du sujet dès le début de l’album, avec une charge antimilitariste, Le Bruit Du Bang. Une fusion Rock/Ska énervée, presque Hip Hop dans le phrasé de Pierre qui débite les mots à vitesse grand V ! Un morceau qui a presque des airs de Rage Against The Machine ou encore de Limp Bizkit ! La Ruda fait retomber la pression d’un cran sur Selon, un Ska/Rocksteady de bonne facture avec un texte très bien écrit ou s’entremêlent les jeux de mots et les allitérations. Que Le Bon L’Emporte est un morceau un peu plus Rock et énergique avec une mélodie efficace, tout comme son refrain accrocheur ! L’atmosphère devient plus sombre sur Rien Venir. Pierre exprime à travers ce morceau, ses inquiétudes, ses désillusions et aussi ses espoirs. Le contraste entre ce texte sombre et l’instrumental Ska festif, où les cuivres retentissent à fond, est remarquable. Tant D’Argent Dans Le Monde est à coup sur, l’un des titres qui a le plus fait transpirer en concert ! Un mélange de Punk Rock et de Ska sautillant où le groupe nous délivre une critique acerbe du Capitalisme.

On ressent toujours dans les albums de La Ruda, l’influence du Cinéma Français des années 70 et notamment celui de Michel Audiart. Cela se traduit ici, par la pochette du disque et par le titre Du Rififi Chez Les Branques, avec la présence de Bernard Menez dans le clip. Pierre Lebas qui maîtrise bien la technique du storytelling, nous conte l’histoire et les déboires d’un gangster raté sur un rocksteady ultra entraînant ! On replonge dans la fusion festive avec une ode aux potes et aux soirées dans les bars avec L’affût du ramdam. Les cuivres se font omniprésents, un refrain Punk Rock ravageur, un phrasé débité façon mitraillette, c’est la marque de fabrique du groupe ! On retrouve le même genre de fusion sur Le Gauche ou encore L’École Des Sous-Sols, véritable hommage aux musiciens undergrounds et aux concerts dans les bars ! L’Art De La Joie, titre éponyme de l’album, résume à lui seul l’ambiance générale du projet. La qualité de l’écriture prend tout son sens avec Anathème dans une veine plus sombre. Les treize titres s’enchaînent sans nous laisser de répit, l’album se conclut sur un gros Ska tout en rapidité avec Barton Killer !

Plus de vingt ans se sont écoulés depuis la parution de ce disque qui n’a pas pris une ride ! Par la suite, La Ruda entreprendra un virage plus Rock et produira en tout, sept albums studio, trois lives, un projet acoustique et un DVD entre 1995 et 2015. Pierre Lebas profitera d’une pause avec le groupe pour nous proposer Tigreville, un album solo réussi, plutôt axé Pop/Rock . Depuis 2015 nous pouvons apprécier le son et l’énergie de La Ruda Salska qui écume de nouveau les scènes des festivals .

La bonne nouvelle de 2021, Pierre le chanteur et Manu qui tient les baguettes depuis le tout début de l’aventure, se lancent dans un nouveau projet Ska, intitulé Villa Fantôme, et ça s’annonce super bon ! En attendant, on ressort les anciens disques ou la réédition vinyle du Prix Du Silence sortie cette année avec l’espoir d’avoir des nouvelles très rapidement !

Clem

Teaser Villa Fantôme : https://youtu.be/g_S3812Sk6Y

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