Rude Boy Train

THE FREECOASTERS – A DIFFERENT KIND OF HEAT – Jump Up Records

UN PEU D’HISTOIRE : C’est en 2014 qu’on découvre chez Rude boy train, sur le Label Citrus Records, une poignée d’excellents groupes, avec, parmi eux, The Duppies, Spread The Dub ou bien encore The Freecoasters qui sortent alors leur premier EP. La voix de Claire Liparulo est d’emblée le point fort de la bande de Fort Myers, tout comme un gros potentiel niveau compo, même si tout n’est pas parfait.

Ils rencontrent alors Jesse Wagner, qui, charmé, les appuie en produisant leur premier album, nommé « Show Up » qui sortira en autoprod en 2016. Avec le chanteur des Aggrolites aux manettes, le groupe prend de l’épaisseur, et le skeud est excellent avec des titres aux sonorités forcément proches du groupe Californien mais avec une belle identité blues-soul bien à eux. Après deux ans passés à jouer un peu partout aux USA, le groupe retourne en studio dès janvier 2019, toujours accompagné de Jesse Wagner. Les sessions sont intenses et le résultat bluffant, d’autant que le mix a été confié à Roger Rivas.

Mais malgré une campagne de prévente, le disque semble difficile à sortir, d’autant que vient en plus s’ajouter la Covid 19… Les Financeurs auront tout de même le droit à l’exclu de l’album en digital dès Mai 2020. Mais ce n’est que près d’un an plus tard, grâce au renfort de Chuck Wren et de son incontournable label Jump Up Records que sort enfin ce « A Different Kind Of Heat » dans une superbe version vinyle tant attendue.

LE DISQUE : Dire que l’accouchement fût difficile serait un euphémisme, mais qu’il est beau ce nouveau bébé des Freecoasters ! Dépassées les strictes influences du maître Wagner, place à un son à l’identité bien affirmée où viennent se fondre subtilement tout un tas d’influences made in US.

La sereine évolution se fait sentir dès les premières notes de « Look What You’ve Done » : le reggae à la rythmique discrète, presque effacée laisse toute la place à un duo piano/claviers parfait, semblant presque parfois en impro. La voix de Claire Liparulo, toujours sur le tranchant du rasoir entre fragilité et puissance fait le reste, non sans être accompagnée par des chœurs superbement orchestrés.

Et que les fanas de la première heure se réjouissent, la troupe de Fort Mayers n’a pas abandonné les reggae plus nerveux qui nous avaient emballés sur « Show Up » : « Seven Falls », presque ska, est excellent avec encore une fois des claviers virevoltants et une guitare ténébreuse. « When I Go » trouve le parfait équilibre entre couplet léger et refrain puissant avec des remontées de sève bluesy éclatantes. « Shook » est peut-être le titre le moins surprenant car finalement bien dans la veine du premier album… Il n’en reste pas moins assez délicieux avec ses pointes de guitares impeccablement distillées.

La paire « Deliver Me » Get By » est elle aussi bien fameuse : le premier, plutôt ombrageux mais funky à souhait, profite à fond des variations incroyables de Claire Liparulo pendant que le second, lumineux, régale avec ses arrangements de guitare soulissimes.  « Sécurité » est le seul instru de l’album et fait dans le western reggae à la mode spaghetti avec ses divagations de cordes façon Napolitaine somptueuses.

« Watch It Burn » joue dans le reggae blues-folk avec beaucoup de justesse et monte dans les tours sur les refrains avec l’aisance d’une Harley rutillante, tout comme le morceaux titre « A Different Kind Of Heat » où le groupe appuie encore un peu plus sur ces influences blues qui leurs vont comme un gant. La tendance atteint son climax sur « Other Side », que je donnerais plutôt comme un blues aux intonations reggae avec encore des saillies diaboliques sur les refrains…

Magnolia est une tuerie de pépite de rocksteady, à l’élégance rare, qui, avec ses chœurs menés par Jesse Wagner, lui donne des faux airs de ce qu’il a pu produire avec Jukebox 101. Les arrangements foisonnants, entre cordes de violons, piano subtil et guitare jazzy sont monstrueux.

L’album se conclue sur la même impression de plénitude sur « Power », un funky reggae encore une fois fabuleux, aux cuivres tour à tour tranchants ou feutrés, un habit de lumière dans lequel resplendit encore une fois Claire Liparulo, décidément pas une chanteuse comme les autres.

Après plus de deux ans d’attente depuis son enregistrement, ce « Différent Kind Of Heat » devrait révéler au monde tout le talent d’un groupe réellement au-dessus du lot… Avec un niveau de production et d’arrangement fabuleux, et de très bonnes compos, Les Freecoasters explosent leur image de simple « Aggro style band »  en intégrant avec subtilité et puissance toutes leurs influences musicales ricaines… Un formidable melting Pot que je ne saurais trop vous conseiller.

Bronsky

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